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Il y a quelques semaines, je vous disais que j’étais en cure de carottes – auxquelles je pourrais ajouter les pommes – mais je ne suis pas pour autant en manque, les délicieux fruits exotiques qu’on trouve ici et dont je voudrais vous présenter les plus originaux, compensant largement.

            Bon, bien sûr il y a des bananes toute l’année (bien meilleures et moins chères que celles qu’on trouve en Belgique, vous vous en doutez), et je vous passe les ananas, papayes et mangues, que vous connaissez sûrement déjà.  Je précise juste pour ces dernières que je suis en véritable deuil, la saison venant de se terminer, ce qui veut dire qu’il faudra attendre fin septembre avant de pouvoir en trouver, alors que j’en mangeais au moins 3-4 par jour depuis plusieurs mois…  Oui, parce qu’il y a moyen de varier les plaisirs : vertes, jaunes ou oranges, grandes ou petites, plus sucrées ou citronnées…  Je ne m’en lasserai jamais !  Par contre, chose que je ne comprends pas, Manu n’aime pas… ou alors il ne les mange que cuites (quand je prépare du poulet à la mangue), et est profondément énervé par le fait que ça met des fils entre les dents – ce dont la mangue n’a pas le monopole, soit dit en passant.

            Mais venons-en aux fruits originaux que je voudrais vous présenter.  Tout d’abord, il y a le fameux mangoustan dont on nous a parlé des centaines de fois et que nous n’avons pu goûter que début janvier.  Petit, rond, de couleur mauve-brun à l’extérieur et à l’écorce relativement dure et épaisse, il faut l’ouvrir en le serrant entre les paumes pour atteindre ses petits quartiers de chair blanche (de la taille des quartiers de mandarine), dont on ne mange pas le noyau s’il y en a un (que dans les quartiers les plus gros).  Je ne saurais pas vous décrire le goût, c’est un peu sucré sans être écœurant, parfois même un peu citronné…  Un régal !

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            Un autre original, le cœur de bœuf (sachant qu’ici, le mot bœuf se prononce comme si c’était au pluriel : on ne parle jamais que de viande de « beu »).  Assez grand, difforme, dont la peau verte est couverte de petits picots, il renferme une chair blanche très juteuse et citronnée, parsemée de pépins noirs, d’aspect pourtant peu ragoutant mais absolument délicieuse.  Il faut juste être vigilant pour ne pas avaler un des asticots qui aiment se promener dans les endroits un peu pourris de certains cœurs de boeuf, qu’on reconnait à leur couleur noire, grise, brune ou rose.

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            Quant au maracuja, on ne sait pas si c’est la même chose que les fruits de la passion qu’on peut parfois acheter en Belgique, vu qu’ils ont plus ou moins le même goût mais pas la même couleur : ici ils sont jaunes…

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            Pareil pour le litchi (poale en lingala, très peu utilisé cela dit), qui a un aspect bien plus rigolo que ceux qu’on trouve par chez nous, et un goût bien plus sur et citronné, ce qui me convient très bien !  On a vu tout plein de « litchiers » (arbres à litchis, quelqu’un sait comment on appelle ça ?) pendant une promenade à Kisantu, et on ne s’est pas privé pour s’en remplir la panse et les poches…

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            Et tant qu’on parle de tout ce qui pousse ici, j’en profite pour vous montrer à quoi ressemble le fameux pondu, ce légume vert numéro un de l’alimentation congolaise. 

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Non non, ce n’est pas du cannabis, ce sont des feuilles de manioc, et ça pousse absolument partout, même parfois sur les trottoirs.  Pour le préparer, patience et courage sont de rigueur.  Après avoir coupé les tiges pour ne garder que les feuilles, il faut les faire chauffer afin de les rendre plus faciles à piler.  Après, vous pilez les feuilles dans un mortier en bois (ce qui n’est pas de tout repos, mes bras s’en étant souvenus pendant quelques jours après), en ajoutant ail, oignons, piment, concombre, aubergines… bref, des épices !  Pour les plus paresseux, on peut aussi se rendre chez le pti gars du coin dont la machine vous pilera le tout en moins d’une minute.  Une fois pilé, ça ressemble à une masse de confettis pas-ronds qu’il faut faire bouillir pendant au moins deux heures sans remuer et sans encore mettre de sel.  Si vous voulez, vous posez un poisson frais au-dessus, juste sous le couvercle.  Une fois qu’il est cuit vous enlevez la tête et les os et intégrez les bouts de chair au pondu, que vous pouvez maintenant saler, tout en le laissant bouillir.  Ensuite vient l’étape que j’ai le plus de mal à réaliser, à savoir l’ajout de l’huile de palme…  Pas juste un peu, hein !  Il faut mettre l’intégralité du sachet que vous avez acheté au marché, soit l’équivalent d’une bouteille de coca de 30 cl, puisque c’est ça qui sert de mesure.  Et après ça vous laissez encore bouillir au moins une heure.  Hé oui, il faut être patient pour manger congolais !